A peine quelques pas au sol apres avoir debarque du bateau, je me suis sentie emplie d'un certain bien-etre. L'une de ces premieres impressions qui sont toujours les bonnes: je suis completement tombee sous le charme!
Bordee de deux rives, donnant sur le Mekong d'une part, sur la Nam Khan de l'autre, et se rejoignant a l'une des extremites de la ville, Luang Prabang est une veritable illustration de carte postale, avec des paysages typiques d'Indochine telle que l'on se l'imagine.
Architecturalement l'influence francaise est bien visible, le centre etant majoritairement habite de maisons de style colonial aux murs cremes, boiseries et toits en tuiles, ce qui rend l'atmosphere plutot douce et peut-etre aussi, inconsciemment, rassurante.
Comme dans toute ville pourvue de cet indefinissable charme, une colline surplombe l'ensemble des rues et offre un panorama a 360 degres permettant de comprendre l'orientation de ses differents quartiers.
Peut-etre cela donne aussi l'impression de s'approprier un peu mieux les lieux aux personnes qui, comme moi, ont un sens de l'orientation peu developpe lorsqu'elles se trouvent au beau milieu des croisements et des rond-points.
A Luang Prabang, la colline s'appelle Phu Si et est parsemee de plusieurs temples, dont, au sommet, That Chomsi, nettement reperable d'en bas grace a sa couleur jaune, qui le rend par-contre completement invisible sur les photos!
Les desagrements que nous avons rencontres au cours de notre sejour sont lies au fait que la ville est devenue TRES touristique en peu de temps; selon les locaux, en six ans, les guesthouses ont pousse comme des champignons, de meme que les restaurants et agences touristiques.
Resultat, il est difficile de se promener librement a l'exterieur de la ville sans passer par une agence. N'importe quelle excursion coute un minimum de 25$ par jour, et la location d'un velo 10$ la journee. A titre indicatif, c'est plutot un ou deux dollars dans n'importe quelle autre ville d'Asie du Sud-Est.
Les restaurants de la rue principale du centre sont hors de prix (relativement parlant, bien sur) et les droits d'entree des temples et musees ont double par rapport aux indications du Lonely (la derniere version sur l'Asie du Sud-Est).
Ceci ne nous a tout de meme pas empeche de visiter quelques tres beaux temples en plus de ceux de Phou Si, comme Wat Wisunalat et son petit voisin Wat Aham, mais aussi Wat Xieng Thong, ainsi que le Palais Royal.
Au centre un marche permanent vend des sacs et des vetements, mais aussi des jus de fruis frais et des sandwichs (attention deux options: thon ou vache-qui-rit, LE fromage present partout au Laos). Le soir vous pouvez deguster au marche de nuit des poissons grilles, des nems et autres brochettes de tres bonne qualite pour vraiment rien.
En termes de transport, l'union fait la force: il est plus facile de negocier les services d'un tuk-tuk lorsque vous etes nombreux. Nous nous sommes ainsi rendus a neuf personnes aux chutes d'eau de Tat Kuang Si, a une petite heure de route de la ville. Le site est magnifique: une foret qui abrite de multiples chutes d'eau formant de veritables petits coins de paradis eparpilles jusqu'en haut de la montagne. Seul hic, beaucoup trop de monde, aucune intimite et donc pas l'aspect sauvage qui rend ce type de lieu vraiment inoubliable.
Nous y avons tout de meme passe une apres-midi tres sympathique..
En-dehors de la ville nous avons egalement fait quelques promenades a pieds (celles que nous souhaitions faire en velo a l'origine), empruntant differents ponts pour traverser la Nam Khan dans un sens puis dans l'autre.
Et pour ne pas revenir en France completement penauds mais prolonger l'exotisme dans notre quotidien parisien, nous avons pris un cours de cuisine laotienne. Nous avons oeuvre comme des chefs!
Le matin nous sommes alles au grand marche de Phousy, ou nous avons eu des explications sur les differents produits frais comme les herbes et les racines (texture, gout et comment les remplacer une fois en France), mais aussi les produits manufactures importes (chips et autres grignotages bourres de sucre dont les enfants lao raffolent aujourd'hui et rencontrent pour cette raison de graves problemes de sante dentaire), les ustensiles de cuisines, les i-pods et telephones portables!
De retour du marche nous avons prepare notre dejeuner: salade de Luang Prabang, qui n'a pour veritable specificite que sa mayonnaise lao, et des nouilles de riz sautees au poulet et aux legumes (Feu khua). Apres degustation nous sommes retournes aux fourneaux pour apprendre a preparer le Lap de poulet (une salade de poulet hache aux herbes), la salade de papaye verte, les aubergines frites au porc (Khua maak kheua gap moo) et la casserole pimentee au poulet, aubergines et lait de coco (Geng phet).
Enfin nous avons concocte une pate de chili (Tamnak lao jeowbong) qui se conserve plusieurs semaines au refrigerateur et se deguste en accompagnement du riz gluant, par exemple.
C'est ensuite pour le tea time que nous avons teste nos realisations. Verdict: une tuerie, meilleur qu'au restaurant! Et en plus pas trop complique...
Autrement, pendant notre sejour, nous avons recroise dans les rues un bon nombre de personnes que nous avions rencontrees a Muang Ngoi Neua, ce qui n'etait pas sans agrementer nos soirees.
Il faut dire que la ville n'est pas tres grande. D'ailleurs notre surprise du dernier soir fut de retrouver, dans un bar, Fred et Suzy qui etaient arrives le jour meme de leur sejour dans le nord du pays. Cette fois-ci, plus de rencontre possible puisque nous nous envolons le lendemain pour le Cambodge. Petite pensee a tous les deux et encore bonne route! |